Si Perle Rare m'était contée...

Pour le plaisir des yeux

Est-ce à cause du jardin du musée de la vie romantique de la rue Chaptal ? Ou encore de l’atelier du peintre Gustave Moreau ? Léa a pour quartier de prédilection le IXe arrondissement. Sa mère lui avait fait découvrir alors qu’elle n’avait que dix ans. Ayant grandi dans le XVe, elle a toujours eu plaisir à visiter la capitale, en jouant la touriste américaine. Vivre ailleurs qu’à Paris ? Même pas en rêve !

À 35 ans, après son école de stylisme, deux stages et dix ans dans le département prêt à porter d’une maison de luxe, elle comprend qu’elle est prête. Oui, prête pour se lancer en indépendante. Elle tourne en rond dans son job. La mode ne lui donne finalement pas le champ libre pour créer comme elle le souhaiterait. La décision de créer son bureau de style, comme designer de surface, s’impose : il faut trouver un lieu. Un appartement-bureau. Quand elle contacte le chasseur d’appartements Perle Rare, elle n’a qu’une requête : le quartier de la Nouvelle Athènes. Léa a bon espoir. Elle a un budget correct grâce à une donation de son grand-père paternel. La chasseuse d’appartements lui explique que cet arrondissement est très prisé.  Une semaine après, elle voit s’inscrire sur son smartphone : « Diane chasseresse ». C’est le nom de code qu’elle a attribué à la chasseuse d’immobilier ! Pour se porter chance. Bercée par l’Iliade et l’Odyssée que lui lisait son grand-père, c’est sa manière de lui rendre hommage.

  • Mademoiselle Markowicz, je crois que j’ai bien compris ce que vous cherchiez, j’ai un bien magnifique à vous montrer. Il dépasse votre budget mais cela me permettra de cerner ce que vous recherchez. Considérez que ce sera une visite pour le plaisir des yeux.
  • Quand puis-je le voir ?
  • Demain 9h00 ?
  • Parfait
  • Je vous envoie l’adresse sur votre messagerie.

Léa guette, impatiente, l’adresse. Est-ce une rue qu’elle connaît ? La notification de son smartphone lui donne la réponse : Rue de la Tour-des-Dames ! Elles se retrouvent à l’heure dite, le lendemain. Il s’agit d’une petite copropriété. L’appartement est au 5ème étage d’un ancien immeuble de rapport. La porte s’ouvre : beau plancher, double séjour lumineux avec cheminée. Une cuisine fermée. Deux chambres de surface équivalente, l’une donne sur une cour intérieure, l’autre sur rue. Tout va alors très vite dans sa tête. Elle imagine installer son bureau dans la plus grande. Juste un petit hic à résoudre : le budget dépasse de 50 000 euros. Sa botte secrète ? Ses parents ! « Il faut absolument que mes parents puissent venir le visiter. S’ils ont le même coup de cœur que moi, je peux espérer un coup de pouce de leur part, » explique Léa. Le soir-même, une deuxième visite est organisée. Le temps d’un conciliabule entre père, mère et fille pour vérifier les détails d’aménagement, et au bout d’une heure, l’affaire est conclue. Le plaisir des yeux aura eu le dernier mot. Un an plus tard, Léa lance avec succès sa première tapisserie murale façon velours qu’elle baptise avec malice : « La tour de Diane ».

Par Florence Batisse-Pichet – Illustration Marilou Laure

Pour le plaisir des yeux